Festival d’Avignon 2026 : « Maldoror » de Julien Gosselin, une expérience immersive déroutante

Temps de lecture : 8 min

Ce qu’il faut retenir

  • Immersion totale : Julien Gosselin embarque le public au cœur de l’action, spectacle de près de 6 heures.
  • Mal exploré : L’œuvre croise les textes de Roberto Bolaño et Lautréamont pour une plongée vertigineuse.
  • Performance collective : Une douzaine de comédiens, cadreurs, musiciens et techniciens créent un dispositif unique en Cour d’honneur.

Mal absolu et émotions brutes : de quoi parle « Maldoror » ?

Je vous le dis franchement, quand j’ai entendu parler de « Maldoror » par Julien Gosselin, je me suis demandé comment on pouvait oser mêler l’univers violent de l’écrivain chilien Roberto Bolaño et les chants maudits de Lautréamont. Dans mon quotidien avec les enfants, la notion de “mal absolu” me renvoie plutôt aux batailles de jouets ou aux colères du petit dernier. Mais Gosselin, lui, n’hésite pas à confronter son public à des eaux profondes et troubles. Sur la scène de la Cour d’honneur du Palais des papes, il déploie un spectacle de près de six heures où les corps des acteurs, les vidéos en direct et la musique transportent chaque spectateur dans un univers sensoriel éprouvant. La réalité, c’est que ce n’est pas un spectacle à mettre entre toutes les mains, surtout si vous cherchez une sortie tranquille. C’est une expérience qui secoue, qui interroge, et qui repousse les limites du théâtre contemporain.

Julien Gosselin : le maître de l’immersion au Festival d’Avignon

Ce que j’ai appris en devenant maman, c’est qu’il faut savoir laisser de côté les idées préconçues. Gosselin applique exactement cette logique : en 2026, pour l’ouverture du Festival d’Avignon, il ne propose pas un simple spectacle assis au fond de son fauteuil. Dès le début, le public est invité à déambuler au cœur de la Cour d’honneur, au plus près des acteurs, des cadreurs vidéo, des musiciens. Tout est pensé pour briser le fameux quatrième mur. Entre nous, parents, cela me rappelle les fois où je dois tout organiser pour que la maison tourne : chaque détail a son importance. Ici aussi, chaque mouvement des comédiens, chaque cadrage vidéo, chaque note de musique est millimétré. Avec une équipe de douze comédiens dont Guillaume Bachelé, Rita Benmannana, Joseph Drouet, et des techniciens aguerris comme Jérémie Bernaert (vidéo), le metteur en scène tisse une toile captivante. Selon les critiques, le résultat est “fondamental” parce qu’il repense la relation entre l’œuvre et ceux qui la regardent.

Six heures de représentation : un défi pour les parents et les amateurs de théâtre

Parlons honnêtement entre parents : qui peut se permettre de passer six heures au théâtre sans devoir s’occuper de ses enfants ? Je vous vois sourire. La réalité, c’est que pour voir « Maldoror », il faut organiser sa vie en amont. Que ce soit pour les spectateurs aguerris ou pour les familles qui parviennent enfin à s’offrir une escapade culturelle, ce marathon théâtral exige de l’endurance. Mais l’effort en vaut la chandelle. Le metteur en scène maîtrise le rythme à la perfection, alternant moments de tension extrême et respirations poétiques. Avec une scénographie de Lisetta Buccellato et des lumières de Nicolas Joubert, chaque instant est une œuvre d’art en mouvement. Chez nous, ça donne envie de retrouver un peu de cette énergie créative dans la routine du quotidien, même si, je vous l’avoue, entre un biberon et une réunion parent-prof, la pause théâtrale me paraît souvent inaccessible. Pourtant, ce spectacle rappelle que la culture est une nourriture essentielle, même quand on jongle avec trois enfants.

Un dispositif technique et humain impressionnant

Dans mon quotidien, je suis habituée à gérer multitâche. Gosselin fait exactement la même chose, mais sur un plateau immense. L’équipe technique est intégrée au spectacle : deux cadreurs vidéastes filment en direct, le son est assuré par Théo Jonval, la dramaturgie team menée par Eddy D’aranjo et Marie-José Malis donne une profondeur supplémentaire. Même l’assistanat mise en scène par Lucile Rose et Zoé Benguigui montre que chaque rouage est essentiel. Un spectacle vivant, c’est comme une famille. La costumière Caroline Tavernier habille les acteurs avec des créations pensées pour bouger dans l’espace, et les accessoires fabriqués par les Ateliers de l’Odéon rappellent que l’artisanat a toute sa place dans la grande aventure créative. Je trouve cela particulièrement inspirant pour mes enfants : ils voient que pour réaliser quelque chose de grand, il faut une équipe. Cela rejoint mes valeurs d’éducation bienveillante : chacun a son rôle, et personne n’est laissé de côté.

« Maldoror » bouscule le spectateur et interroge notre rapport au mal

Si je devais décrire le moment vécu par le public, je dirais que c’est un choc esthétique et émotionnel. Les textes de Lautréamont, cet écrivain maudit du XIXe siècle, fusionnent avec ceux de Roberto Bolaño, auteur chilien du XXe siècle. Le résultat est une confrontation directe avec la violence des désirs, des rêves et des angoisses. Beaucoup de spectateurs sont sortis secoués, certains en pleurs, d’autres en état de grâce. C’est exactement ce que j’attends d’une œuvre d’art dans mon rôle de maman : qu’elle m’oblige à ressentir, réfléchir, à sortir de mes petites habitudes. La version présentée en juillet 2026 est une déclinaison affinée du travail que le metteur en scène avait commencé il y a des années. Gosselin pousse sa recherche à la puissance mille, comme le souligne la critique. Pour les parents avides de sens, ce festival est une bouffée d’air dans la course du quotidien.

Comment profiter du Festival d’Avignon 2026 en famille ?

Alors, vous vous demandez peut-être si je vais y aller avec mes trois enfants. La réponse est non, pas pour ce spectacle précis. Mais le festival regorge d’initiatives adaptées, et « Maldoror » reste accessible à partir de 16 ans grâce à une jauge limitée pour les représentations les plus intenses. Si vous êtes parent et que vous voulez vous offrir cette expérience, mon conseil est de déléguer une soirée. Faites garder les petits, et plongez-vous dans cette aventure durant une réunion d’un après-midi. Entre nous, cela peut faire des étincelles avec votre conjoint sur le chemin du retour : un vrai moment de connexion à deux. Le festival dure jusqu’au 12 juillet dans la Cour d’honneur du Palais des papes, avec une quinzaine de dates programmées. N’oubliez pas de réserver, les places partent vite. Ce qui est beau, c’est que même si vous n’allez pas aux extrêmes de Maldoror, le geste artistique que fait Gosselin nous apprend à nous aussi, parents, à oser sortir des sentiers battus.

Mon verdict de maman-spectactrice

La réalité, c’est que depuis que je suis maman, mon rapport au théâtre a changé. Je n’ai plus de temps pour les spectacles mollement confortables. « Maldoror » m’a rappelé ce que c’est d’être bousculée, déstabilisée, puis finalement apaisée par la beauté. Julien Gosselin réussit un pari audacieux en 2026 : créer une œuvre qui, au-delà de son esthétique percutante, interroge ce que nous sommes prêts à affronter. Chez nous, après avoir vu quelques extraits en ligne, j’ai improvisé une “mini-immersion” avec les enfants autour de leur propre chamboule-tout sensoriel. Rien de comparable, bien sûr, mais l’idée reste : le corps et l’imaginaire sont précieux. Je vous recommande donc chaudement de vivre cette expérience unique si vous en avez la chance. Et si ce n’est pas possible, gardez l’esprit ouvert en regardant autour de vous – parfois, les plus grands spectacles se jouent à l’échelle de la vie de famille. Sur ce, je vous laisse, mon petit dernier veut absolument que je joue à cache-cache… même après six heures de réflexion sur le mal, une maman reste une maman !

Partagez votre amour