3 questions pour développer l’intelligence émotionnelle de votre enfant

Temps de lecture : 5 min

Points clés à retenir

  • Identifier l’émotion : La première question « Qu’est-ce que tu ressens ? » aide l’enfant à repérer les sensations dans son corps et à nommer son émotion.
  • Exprimer sans violence : La deuxième question « Comment tu peux l’exprimer ? » propose des alternatives aux gestes violents, comme courir ou secouer les mains.
  • Comprendre le besoin : La troisième question « C’était quoi ton besoin ? » révèle les besoins non satisfaits derrière chaque émotion, évitant les jugements.

L’intelligence émotionnelle ne se décrète pas, elle se construit

Dans mon quotidien avec mes trois enfants, je vois bien que l’intelligence émotionnelle n’a rien d’inné. Ce n’est pas juste savoir dire « je suis en colère », comme le rappelle Carole Lozupone-Daudon, psychologue. C’est tout un processus : depuis l’émergence de l’émotion dans le cerveau jusqu’à son expression apaisée. Et franchement, beaucoup d’adultes – moi la première – n’ont pas encore acquis ce réflexe.

La réalité, c’est que poser trois questions simples, avec sincérité, peut transformer la manière dont votre enfant comprend ce qu’il ressent. Mais attention, je vous le dis franchement : ces questions ne marchent que si vous êtes vous-même dans une écoute authentique. Pas question de les balancer comme une recette de cuisine quand on est encore en pleine tempête intérieure.

Question n°1 : « Qu’est-ce que tu ressens ? »

Ça paraît évident, hein ? Mais chez nous, ça va bien au-delà de simplement mettre un mot sur une émotion. Je demande à mes enfants : « Où est-ce que tu le sens dans ton corps ? » Parce que l’émotion, elle part du cerveau et elle voyage dans le corps : les dents qui serrent, les poings qui se ferment, une boule dans le ventre, une sensation de chaud ou de froid… Tout ça, c’est l’émotion qui s’installe.

Ce que j’ai appris en devenant maman, c’est que poser cette question dans les petites crises comme dans les grandes colères, c’est offrir une vraie hygiène émotionnelle à l’enfant. Il doit accueillir cette émotion, la laisser passer sans chercher à la réprimer immédiatement. On ne meurt pas d’une émotion, je vous le garantis.

Question n°2 : « Comment tu peux l’exprimer ? »

Là, c’est le cœur du sujet : comment faire sortir ce qui est là sans blesser les autres ni soi-même ? La psychologue met en garde contre une idée reçue : taper dans un coussin ou frapper un objet, ça active les neurones miroirs de la violence. Mieux vaut proposer des alternatives : courir dans le jardin, secouer les mains comme pour les vider, taper des pieds lentement sur le sol.

Entre nous, parents, j’ai testé ça avec mon petit dernier de 5 ans. Quand il est furieux, je lui dis : « Va courir jusqu’au fond du jardin et reviens. » Ça lui permet de libérer l’énergie sans faire mal. Chaque enfant s’approprie la technique qui lui convient, l’important c’est qu’elle ne fasse pas mal aux autres.

Question n°3 : « C’était quoi ton besoin ? »

Celle-ci est peut-être la plus transformative. Derrière chaque émotion, il y a un besoin non satisfait. Quand mon aîné de 7 ans pique une crise parce qu’il veut absolument regarder un dessin animé au lieu de finir ses devoirs, ce n’est pas un caprice. C’est peut-être un besoin de jeu, de détente, de connexion avec moi.

Ce que j’ai appris en devenant maman, c’est que poser cette question, c’est dire à l’enfant : « Tu n’es pas mauvais, tu avais juste un besoin en dessous, et ton corps a trouvé cette façon de l’exprimer. »

En pratique : intégrer ces questions dans le quotidien

Je vous le dis franchement, au début, ce n’est pas facile. On est souvent à chaud, on veut réagir vite. La psychologue conseille de le faire à froid, après la crise : « Qu’est-ce que tu aurais pu faire tout à l’heure, quand tu étais en colère, au lieu de taper ? »

La réalité, c’est que plus nous, parents, verbalisons nos propres besoins et émotions, plus les enfants absorbent ce modèle. Chez nous, ça donne des moments où mon mari et moi on se dit, devant les enfants : « Je suis fatigué, j’ai besoin de calme cinq minutes. » Et eux, ils apprennent par mimétisme.

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