Compliments et narcissisme chez l’enfant : mon expérience

Temps de lecture : 4 min

Ce que j’ai retenu dans mon quotidien avec les enfants

  • Survalorisation : Je vous le dis franchement, trop dire à un enfant qu’il est « exceptionnel » peut lui faire croire qu’il mérite plus que les autres, sans effort.
  • Encouragement : Ce que j’ai appris en devenant maman, c’est qu’il vaut mieux féliciter l’effort (« Tu as travaillé dur ! ») que la personne (« Tu es un génie ! »).
  • Chaleur parentale : La réalité, c’est que l’affection et le soutien ne rendent pas narcissique. C’est l’exagération de nos éloges qui pose problème.

Entre nous, parents, les compliments peuvent-ils nuire ?

Dans mon quotidien avec les enfants, entre les « trop beau ! » lancés à mon aîné de 7 ans sur son dessin et les « champion ! » adressés au cadet de 5 ans qui a fini son assiette, je me suis souvent demandé si je ne tombais pas dans l’excès. Une étude récente vient confirmer ce que mon intuition de maman pressentait : survaloriser son enfant peut contribuer à développer des traits narcissiques. Je vous le dis franchement, loin des comptes Instagram parfaits, c’est un équilibre délicat à trouver.

Narcissisme chez l’enfant : l’effet miroir de nos paroles

Ce que j’ai appris en devenant maman, c’est que nos mots ont un poids immense. L’étude dont je parle montre que les enfants intériorisent l’image que nous, parents, leur renvoyons. Si nous leur répétons sans cesse qu’ils sont « plus spéciaux » ou « plus méritants » que les autres, ils finissent par le croire. Chez nous, ça donne parfois des situations où mon aîné estime avoir des droits particuliers, comme choisir toujours le premier jouet. La réalité, c’est que le narcissisme, ce n’est pas juste de la confiance en soi. C’est un sentiment de supériorité qui peut mener à des réactions agressives quand l’enfant se sent remis en question.

Survalorisation vs. Chaleur parentale : ce que je pratique

On pourrait croire qu’un enfant devient narcissique par manque d’amour. L’étude est très claire : ce n’est pas le cas. L’affection et le soutien sont vitaux et ne créent pas ce problème. Le vrai piège, c’est la surévaluation. Dans mon quotidien avec les enfants, j’ai donc changé ma façon de formuler mes retours. Plutôt que de dire à ma fille de 5 ans « Tu es la plus intelligente », je dis « Je suis fière de la façon dont tu as réfléchi à ce problème ». L’objectif ? Valoriser le processus, pas la personne intrinsèquement.

Mon équilibre à trois enfants d’âges différents

Avec un bébé d’un an, un enfant de 5 ans et un de 7 ans, les besoins ne sont pas les mêmes. Pour le bébé, tout est dans le ton et la chaleur du contact. Pour les plus grands, le langage devient crucial. Entre nous, parents, voici ce que je m’efforce de faire, testé sur le terrain du quotidien :

  • Féliciter l’effort : « Tu as persévéré pour mettre tes chaussures, bravo ! » plutôt que « Tu es trop fort ».
  • Décrire plutôt que juger : « Ta tour de cubes est haute et colorée ! » plutôt que « C’est la plus belle tour ».
  • Encourager la résilience : « Ce puzzle était difficile, tu as le droit d’être frustré. On réessaye ensemble ? » Cela évite de créer l’idée que tout doit lui réussir du premier coup.

La réalité, c’est que je ne suis pas parfaite. Il m’arrive encore de lâcher un « mon cœur » ou un « mon amour » qui en dit trop. L’important, je crois, c’est la conscience et la bonne intention.

Garder son identité de femme et de couple au-delà du rôle de parent

Ce sujet m’a aussi fait réfléchir sur notre propre estime en tant qu’adultes. Si nous cherchons à travers nos enfants une validation excessive (« Mon enfant est le meilleur, donc je suis un bon parent »), nous tombons nous-mêmes dans le piège. Chez nous, avec mon conjoint, nous veillons à nous complimenter sur nos actions de partenaires, pas sur notre essence. « J’apprécie que tu aies préparé le dîner » plutôt que « Tu es la meilleure femme du monde ». Cela crée un modèle sain que nos enfants observent.

Je vous le dis franchement, accompagner nos enfants vers une confiance en soi saine, sans basculer dans le narcissisme, est un chemin semé d’essais et d’erreurs. Ce que j’ai appris en devenant maman, c’est que l’authenticité et la bienveillance ferme valent mieux qu’une avalanche de compliments creux. Et vous, comment gérez-vous les compliments à la maison ?

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