Pourquoi j’ai banni le ‘quoi ?’ de notre maison

Temps de lecture : 4 min

Ce qu’il faut retenir

  • Modélisation : Nos enfants reproduisent ce qu’ils entendent. Je vous le dis franchement, changer notre vocabulaire a changé le leur.
  • Communication : Remplacer « quoi ? » par « oui ? » transforme une interaction abrupte en échange ouvert. La réalité, c’est que ça crée un climat plus paisible.
  • Conséquence : Ce petit mot apprend à mes enfants à être attentifs et respectueux, bien au-delà des murs de la maison.

Le jour où j’ai réalisé que nous ne nous écoutions plus

Dans mon quotidien avec les enfants, entre les appels pour le goûter, les disputes de jouets et les devoirs du grand, les « Maman ! » fusent de toute part. Et pendant des mois, notre réponse automatique, celle de mon mari et la mienne, était systématiquement un « quoi ? » lancé, souvent sans même lever les yeux de ce que nous étions en train de faire.

Ce que j’ai appris en devenant maman, c’est qu’on ne remarque pas toujours les habitudes qui s’installent. Jusqu’au jour où j’ai entendu mon aîné de 7 ans crier « QUOI ?! » à sa sœur de 5 ans depuis sa chambre. Le ton était brusque, presque agacé. Et là, la prise de conscience a fait . Entre nous, parents, nous leur avions appris ça. Nous étions leur modèle, et le modèle était fatigué et distrait.

Notre défi familial : remplacer un mot, changer une attitude

J’ai donc proposé un petit défi à la tribu. Chez nous, ça donne souvent ce genre de discussions autour du dîner. « Et si on essayait de dire ‘oui ?’ quand quelqu’un nous appelle, au lieu de ‘quoi ?’ ? » Le grand a roulé des yeux, la cadette a voulu savoir si c’était une règle, et le bébé, lui, a juste tapé sur la table avec sa cuillère. Mais nous avons essayé.

Je vous le dis franchement, les premières fois, c’était mécanique et un peu forcé. Mais très vite, quelque chose a changé. Dire « oui ? » obligeait à marquer une micro-pause. À arrêter ce que je faisais (vider le lave-vaisselle, plier une montagne de linge) ne serait-ce qu’une seconde, à tourner la tête vers l’enfant qui m’appelait et à accrocher son regard. Ce n’était plus une réponse par défaut, c’était un engagement à écouter.

Les effets concrets sur nos trois enfants (et sur nous !)

Avec des enfants de 1, 5 et 7 ans, les réactions sont à trois vitesses différentes, mais toutes instructives.

  • Pour le bébé (1 an) : Il ne parle pas encore, mais il entend. Quand je lui réponds « Oui mon chéri ? » d’une voix douce et attentive, il s’apaise plus vite. Il apprend le ton de la communication bienveillante par osmose.
  • Pour la cadette (5 ans) : C’est la reine du « Pourquoi ? ». Lui demander de dire « oui ? » a été un jeu. Elle adore maintenant m’appeler juste pour que je lui réponde « Oui ma puce ? » et elle éclate de rire. Mais derrière le jeu, elle intègre le réflexe de la réponse polie.
  • Pour l’aîné (7 ans) : C’est là que le changement est le plus flagrant. Son « quoi ? » agacé a laissé place à un « Oui maman ? » plus posé. Il teste encore les limites, c’est normal, mais il fait l’effort. Et quand c’est lui qui m’appelle et que je réponds « Oui chéri ? », je vois dans ses yeux qu’il se sent vraiment écouté.

La réalité, c’est que cette petite substitution a apaisé l’ambiance. Les interactions sont moins des jappements et plus des échanges. Mon mari et moi avons aussi dû nous appliquer la règle. Et je peux vous assurer que répondre « Oui mon amour ? » à son conjoint qui vous appelle depuis l’autre pièce, ça change aussi la dynamique du couple ! Ça désamorce l’énervement potentiel avant même qu’il n’existe.

Pourquoi ce « oui » est bien plus qu’une question de politesse

Ce que j’ai appris en devenant maman, c’est que chaque petit rituel que nous instaurons est un message que nous envoyons à nos enfants sur la façon dont les relations humaines fonctionnent. En disant « oui ? », nous leur transmettons plusieurs choses essentielles :

  • La disponibilité : « Je suis là pour toi, même occupé. »
  • Le respect : « Tu mérites mon attention complète. »
  • L’ouverture : « Je suis prêt à t’écouter et à dialoguer. »

Comme le dit si bien un proverbe que j’aime : « Notre maison est la répétition générale, le monde est la scène. » Si mes enfants apprennent à répondre « oui ? » à la maison avec bienveillance, j’espère qu’ils le feront aussi à l’école, avec leurs amis, plus tard avec leurs collègues. Nous leur donnons un outil relationnel simple mais puissant.

Mon conseil de maman imparfaite

Alors, est-ce que chez nous c’est parfait ? Absolument pas . Il y a encore des « quoi ? » qui échappent, surtout à 8h du matin quand tout le monde est en retard. L’éducation bienveillante, pour moi, ce n’est pas la perfection, c’est la direction.

Je ne vous demande pas de bannir le « quoi ? » comme un interdit absolu. Mais je vous encourage à essayer, en famille, pendant une semaine. Introduisez-le comme un jeu, un défi. Observez. Entre nous, parents, vous serez peut-être surpris, comme je l’ai été, de voir comment un si petit changement dans nos mots peut faire une si grande différence dans le climat familial. Parce qu’au final, c’est de ça qu’il s’agit : construire, un « oui ? » à la fois, une maison où chacun se sent entendu.

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