Fresque familiale palestinienne : une leçon d’humanité pour nos enfants

Temps de lecture : 8 min

Ce que cette fresque nous dit sur notre rôle de parents

  • Transmission : Comment transmettre une histoire, des valeurs et une identité à travers les générations, même quand cette histoire est douloureuse.
  • Résilience : La capacité des familles à traverser les épreuves et à continuer d’avancer, une leçon précieuse pour nos enfants face aux défis de la vie.
  • Mémoire collective : L’importance de préserver et de partager les récits familiaux, ces petites histoires qui font la grande Histoire.

Quand le cinéma nous parle de ce qui compte vraiment

Je vous le dis franchement… Entre le bain du petit dernier, les devoirs de la moyenne et la crise de nerfs de l’aîné qui ne veut pas mettre ses chaussures, aller au cinéma relève parfois de l’exploit. Pourtant, quand j’ai entendu parler de « Ce qu’il reste de nous », cette fresque familiale palestinienne qui sort ce mois-ci, quelque chose a résonné en moi. Pas seulement en tant que spectatrice, mais en tant que mère. Parce que ce film, qui suit trois générations d’une famille de 1948 à nos jours, parle finalement de ce qui nous occupe tous les jours : la transmission, la mémoire et ce que nous léguons à nos enfants.

Dans mon quotidien avec les enfants, je me demande souvent comment leur raconter le monde. Pas seulement les règles de grammaire ou les tables de multiplication, mais l’essentiel : d’où ils viennent, qui ils sont, et vers quoi ils marchent. Ce film de Cherien Dabis, en suivant une famille palestinienne à travers les décennies, pose exactement ces questions. Que reste-t-il quand on perd sa terre ? Que transmet-on quand l’exil devient héritage ? Des questions qui, à notre échelle, résonnent dans chaque famille.

La transmission, ce fil invisible entre les générations

Ce que j’ai appris en devenant maman, c’est que nous sommes tous des passeurs. Nous transmettons sans même nous en rendre compte : nos expressions, nos peurs, nos espoirs, notre façon de cuisiner les pâtes ou de raconter des histoires le soir. Dans « Ce qu’il reste de nous », cette transmission est mise à l’épreuve par l’Histoire avec un grand H. Comment transmettre une culture, une identité, quand le lieu qui les portait vous est arraché ?

Chez nous, ça donne… des rituels bien plus modestes, mais tout aussi essentiels. La recette de gâteau au chocolat de ma grand-mère que je fais avec mes enfants, même si je n’ai jamais connu cette grand-mère. Les chansons que je leur chante, qui sont celles que ma mère me chantait. Ces petits fils rouges qui nous relient à ceux qui nous ont précédés, même quand la distance ou le temps nous séparent. Le film montre que même dans les situations les plus extrêmes, ces fils ne se rompent pas. Ils se transforment, s’adaptent, mais continuent de relier les générations entre elles.

Entre nous, parents, je crois que nous sous-estimons souvent la puissance de ces transmissions quotidiennes. Nous nous inquiétons de bien faire, de ne pas répéter les erreurs de nos parents, d’offrir le meilleur à nos enfants. Mais la réalité, c’est que ce sont souvent les petites choses qui marquent le plus : le parfum d’un plat, le rythme d’une berceuse, la façon de raconter une anecdote familiale. Dans le film, c’est l’orangeraie perdue qui devient ce symbole, ce lieu de mémoire que chaque génération porte en elle, même sans l’avoir connu.

La résilience familiale : une leçon pour nos enfants

Je vous le dis franchement… Élever trois enfants, c’est un apprentissage permanent de la résilience. Les crises, les chutes, les déceptions, les conflits – et c’est juste avant le petit-déjeuner ! Apprendre à nos enfants à se relever, à continuer malgré les difficultés, c’est probablement l’un des plus beaux cadeaux que nous puissions leur faire. Et c’est exactement ce que montre cette fresque palestinienne : la capacité incroyable des familles à traverser les tempêtes.

Dans mon quotidien avec les enfants, j’essaie de leur montrer que les échecs font partie du chemin. Quand mon aîné rate un contrôle, quand la moyenne se dispute avec sa meilleure amie, quand le petit tombe en apprenant à marcher… Ce sont des occasions d’apprendre la persévérance. Le film, à sa manière, magnifie cette résilience à l’échelle d’un peuple. Mais au fond, le mécanisme est le même : l’amour familial comme ancrage, comme force qui permet de tenir debout quand tout semble s’effondrer.

Ce que j’ai appris en devenant maman, c’est que la résilience ne s’enseigne pas dans les livres. Elle se vit. Elle se transmet par l’exemple. Quand mes enfants me voient gérer une journée catastrophique (et il y en a !) sans tout lâcher, ils intègrent que la vie continue malgré les obstacles. Dans « Ce qu’il reste de nous », chaque génération fait face à ses propres défis, mais c’est en puisant dans la force des précédentes qu’elle trouve les ressources pour avancer. Une belle métaphore de ce que nous vivons tous dans nos familles, à notre niveau.

Préserver la mémoire : nos récits familiaux comme trésor

Entre nous, parents, combien de fois avons-nous repoussé le moment de trier les photos de famille ? De noter les anecdotes que racontait papy ? De mettre par écrit l’histoire de notre rencontre, de notre installation dans cette maison ? La mémoire est fragile, et pourtant, c’est ce qui construit l’identité de nos enfants. Savoir d’où ils viennent pour comprendre où ils vont.

Chez nous, ça donne… des rituels du soir où je raconte à mes enfants des histoires de quand j’étais petite. Des albums photos que nous regardons ensemble, même si les plus jeunes déchirent parfois les pages (oui, ça arrive !). Ces moments de partage de mémoire sont précieux. Ils créent un sentiment d’appartenance, une continuité. Dans le film, c’est toute l’histoire palestinienne qui est portée par ces récits familiaux, ces souvenirs transmis, ces objets qui survivent aux déménagements et aux exils.

La réalité, c’est que nous n’avons pas besoin d’une histoire extraordinaire pour avoir une mémoire riche. Les petites choses comptent tout autant : la première fois que nous avons emmené notre aîné à la mer, la recette secrète de tarte aux pommes de tante Lucie, l’arbre dans le jardin sous lequel papa faisait la sieste. En préservant ces souvenirs, nous offrons à nos enfants des racines. Et des racines, ça permet de grandir droit, même quand le vent souffle fort.

Au-delà de la mère : la femme, l’individu, la passeuse

Je vous le dis franchement… Parfois, entre les biberons et les réunions d’école, j’ai l’impression de m’oublier. De devenir uniquement « la maman de ». Pourtant, ce que j’ai appris en devenant maman, c’est que mon identité de femme, mon histoire personnelle, sont essentielles à transmettre à mes enfants. Pas seulement pour qu’ils me connaissent mieux, mais pour qu’ils comprennent d’où viennent certaines de leurs forces, de leurs fragilités, de leurs passions.

Dans « Ce qu’il reste de nous », les personnages féminins sont particulièrement forts. Des femmes qui portent à la fois la mémoire familiale et leurs propres rêves, leurs propres combats. Des femmes complètes, pas réduites à un rôle. Ça me parle, profondément. Parce qu’élever des enfants, c’est aussi leur montrer qu’on peut être plusieurs choses à la fois : une mère attentive et une professionnelle passionnée, une cuisinière catastrophique et une conteuse hors pair, une femme fatiguée et une amoureuse émerveillée.

Chez nous, ça donne… des conversations avec ma fille de 7 ans où je lui parle de mon métier avant d’être maman, de mes voyages, de mes doutes aussi. Montrer nos failles, c’est montrer notre humanité. Et c’est peut-être le plus beau cadeau : permettre à nos enfants de nous voir comme des personnes à part entière, avec une histoire qui précède leur arrivée et qui continuera de s’écrire quand ils auront pris leur envol. Comme dans le film, où chaque génération ajoute sa pierre à l’édifice familial, tout en conservant sa singularité.

Ce qu’il nous reste à transmettre

La réalité, c’est que nous ne savons jamais exactement ce que nos enfants retiendront de nous. Quels souvenirs ils garderont, quelles valeurs ils intégreront, quelles histoires ils raconteront à leur tour. La transmission est un acte de foi. Nous semons des graines sans savoir lesquelles germeront, ni comment.

Ce que j’ai appris en devenant maman, et que ce film magnifique me rappelle, c’est que l’essentiel est dans l’intention. Dans le fait de prendre le temps de raconter, d’écouter, de partager. De créer ces moments où l’histoire familiale se tisse, entre le passé et l’avenir. Ces moments où, autour d’un repas, d’une promenade, d’un film justement, nous disons à nos enfants : « Voilà d’où tu viens. Voilà qui nous sommes. Et maintenant, à toi d’écrire la suite. »

Entre nous, parents, je crois que nous portons tous une fresque familiale en nous. Avec ses moments de lumière et ses zones d’ombre, ses joies et ses blessures, ses traditions et ses ruptures. « Ce qu’il reste de nous » nous invite à regarder cette fresque avec tendresse et courage. À en assumer les couleurs vives comme les parties effacées. Et surtout, à continuer de la peindre, avec nos enfants à nos côtés, ajoutant leurs propres touches, créant à leur tour ce qui restera d’eux.

Je vous le dis franchement… Ce n’est pas toujours facile. Il y a des jours où la transmission se résume à « Mets ton manteau, il fait froid » et « Non, on ne mange pas de cookies avant le dîner ». Mais même dans ces moments-là, même dans le chaos du quotidien, nous transmettons quelque chose. De l’amour, de la présence, de la persévérance. Exactement comme ces trois générations palestiniennes qui, malgré les épreuves, continuent de se passer le flambeau. Parce qu’au final, ce qu’il reste de nous… c’est peut-être simplement cet amour qui traverse le temps, et ces petites graines d’humanité que nous plantons chaque jour dans le cœur de nos enfants.

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